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La mobilisation internationale n'aura pas suffi à sauver Troy Davis. Ce Noir américain de 38 ans, condamné à mort aux Etats-Unis pour le meurtre d'un policier blanc en 1989, doit être exécuté par injection létale aujourd'hui. La décision a été confirmée par le comité des grâces de Géorgie le 12 septembre. Amnesty International, très impliquée dans le dossier, s'est dite consternée par la décision « sans aucune explication » du comité.
« De nouveaux doutes sont apparus dans le dossier de Troy, alors qu'il en comporte déjà de nombreux. Son exécution pourrait constituer une erreur irréversible », affirme l'organisation. « Nous ne sommes pas seulement choqués, nous n'avons pas de mot pour qualifier ce qui s'est passé », s'étrangle Jared Feuer, directeur d'Amnesty International pour le sud des Etats-Unis. Selon l'organisation, « le cas de Troy Davis est emblématique des problèmes posés par la peine de mort : obstacles de procédure, discrimination raciale, intimidation de témoins [par la police], assistance judiciaire défaillante... »
La Cour suprême en vacances
Les avocats de l'accusé ont tenté une dernière fois de le sauver en demandant à la Cour suprême des Etats-Unis de se saisir de ce dossier. Non pas pour se prononcer sur l'innocence ou la culpabilité de Troy Davis, mais sur les conditions du procès et sa conformité à la Constitution. Ironie de l'histoire, la Cour suprême, actuellement en vacances, ne pourra rendre son avis que le 29 septembre, jour de la reprise de ses travaux. Soit six jours après l'exécution de l'accusé. « La Cour aurait peut-être pu permettre de suspendre l'exécution, explique Anne-Marie Duranton, d'Amnesty International. Mais il ne faut pas se focaliser sur les dates. Si la Cour n'intervient pas avant l'exécution, c'est que les juges pensent qu'il y a des questions plus importantes que celle-là. »
Neuf témoins, dont sept se sont rétractés
Le sort de Troy Davis a été scellé en 1991. Cette année-là, la justice américaine le condamne à la peine capitale, sans preuves matérielles et sans que l'arme du crime ait jamais été retrouvée, pour le meurtre de Mark McPhails. Ce policier avait été tué alors qu'il tentait de s'interposer dans une rixe sur le parking d'un fast-food à Savannah, en Géorgie. Le jury a fondé sa décision sur la base de neuf témoins. Mais sept se sont dédits depuis, assurant avoir subi des pressions de la police à l'époque pour accuser Davis, lequel a toujours clamé son innocence. « Pour les Géorgiens, ce crime était d'autant plus grave qu'il s'agissait du meurtre d'un policier. On avait un coupable sous la main, pas question d'en chercher un autre », analyse Anne-Marie Duranton.
Le soutien du pape et de l'Union européenne
La famille de Davis se mobilise. En quelques années, les soutiens se multiplient, de l'Union européenne au pape Benoît XVI, en passant par le Prix Nobel de la paix Desmond Tutu et des membres du Congrès américain. Le 16 juillet dernier, les soutiens de Troy Davis avaient repris espoir lorsque son exécution, programmée le lendemain, fut retardée par le comité des grâces de Géorgie, qui se donnait trois mois pour décider de l'application de la peine ou de sa commutation. Mais, cette fois, sauf coup de théâtre de dernière minute, Troy Davis, qui attend dans les couloirs de la mort depuis dix-sept ans, ne devrait pas avoir cette chance. L'exécution a été programmée à 19 h, heure locale.
Le blog d'un jeune Américain actuellement détenu dans le couloir de la mort
Faustine Vincent - ©2008 20 minutes
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